lundi 27 février 2012


ANCIENS d'ALGERIE du 117 ° RI et du 4° RT


Site destiné à rassembler le plus grand nombre de témoignages sur la mort du lieutenant BLANCHARD Jacques alors commandant la 7° Cie du 2/117° Régiment d'Infanterie stationné à Fondouk (Algérie). Cet officier d'exception a été assassiné le 14 mai 1962 sur la route de Fondouk - Rivet (département d'Alger) après le cessez- le- feu du 19 mars 1962.
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jeudi 3 janvier 2008

Nous recherchons les témoignages d'anciens qui ont servi sous les ordres du lieutenant BLANCHARD alors commandant la 7ème compagnie du 2° bataillon du 117 ° Régiment d'infanterie en cantonnement à FONDOUK (Algérois) en mai 1962. Ceci afin de répondre à la demande de certains de ses subordonnés qui ignorent à ce jour comment a été tué cet officier prestigieux.


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Premier témoin 

Le sergent-chef Lis en 1960,
en stationnement aux Ruines Romaines à 12 km nord de Djelfa.

Un sergent-chef du 4° Régiment de Tirailleurs témoigne



J’étais alors sergent-chef au 4° Régiment de Tirailleurs stationné à Berrouaghia (Sud de Médéa) plus exactement en poste à Boghar. Le 14 mai 1962, je faisais parti d’un convoi léger qui rejoignait Alger par Blida- L’Arba- Fondouk – Maison Carrée. A midi, le convoi a fait une pause le long de la route après la traversée de la petite ville de Rivet. A l’issue, j’ai reçu l’ordre de poursuivre la marche en tête du convoi afin d’ouvrir la route jusqu’à Fondouk situé, à moins de 8 km du lieu de stationnement. Ma jeep avançait à une allure vive pour permettre aux véhicules suivants de prendre les distances de sûreté. J’amorçais la dernière ligne droite quand une scène peu coutumière se produisit l’espace d’un instant. Face à nous, à une centaine de mètres, une voiture civile vient de capoter dans le fossé dans le sens de la marche. A quelque vingt ou trente mètres derrière elle, un camion stationne au bord de la route dans le même sens que la voiture. Deux autochtones, en combinaison bleue, descendent prestement de la cabine et se précipitent vers la voiture accidentée. Ils sont armés d’un pistolet-mitrailleur. Surpris par notre présence soudaine, les deux compères s’engouffrent dans l’orangeraie en direction du nord. Forçant l’allure j’arrivai à hauteur de la voiture accidentée et donnai l’ordre à deux de mes hommes de pourchasser les fuyards qui avaient pris une forte avance. Pendant ce temps avec l’aide du chauffeur de la jeep nous tentions d’ouvrir les portières du véhicule accidenté afin de libérer les quatre militaires emprisonnés. Seul un sergent FSNA a pu sorti sans notre aide par la porte arrière droite (ou la vitre brisée) et se coucha dans le fossé. Le conducteur gisait, la tête sur le volant, apparemment sans vie. Alors que j’extirpais le sergent-chef assis à l'arrière gauche, le conducteur de la jeep en faisait autant avec le deuxième sergent-chef assis à l'avant droit. À cet instant, les premiers véhicules du convoi arrivaient à notre hauteur. Après un bref exposé des faits à l’officier présent, je me suis empressé de récupérer mes deux hommes toujours à la recherche des présumés terroristes. Ces derniers ont dû leur salut à la trop longue distance mise à leur profit.
Après le regroupement de mes hommes, qui m’a coûté en temps, j’ai vu l’ambulance de notre convoi prendre le chemin inverse en direction de Rivet alors que nous reprenions la route de Fondouk en formation de route. Le véhicule civil, vidé de ses occupants, à été abandonné dans l’état ainsi que le camion des fugitifs. J’en conclus rétrospectivement que les accidentés ont été pris en charge par notre médecin et évacués sur un hôpital d’Alger. De toute évidence ces militaires ont eu la vie sauve grâce à notre présence fortuite. Le conducteur, en fait un lieutenant, était-il encore vivant lors de notre intervention, je ne saurais l’affirmer ? Mais j’en doute ! J’ai privilégié ceux qui me paraissaient valides afin de ne pas les voir griller lors d’un incendie soudain de la voiture.
La suite de l’histoire appartient à ceux qui m’ont remplacé dans la poursuite de l’action car j’ai négligé de m’informer sur le sort des quatre victimes dont j’ignorais leur unité d’appartenance et à fortiori leur identité.
Alors comment ai-je su que ce fut le lieutenant Blanchard qui fut tué lors de cette action terroriste ? Un concours de circonstance m’apportera la réponse à mon questionnement.

à suivre:

Croquis de situation et suite du témoignage


Suite et fin du témoignage du sergent-chef du 4°RT:


En juin 1962, j’ai été muté à Hussein - Dey (Alger), au 2° Bataillon du 117° Régiment d’Infanterie à la 7° compagnie ; celle-là même qu’avait commandée le lieutenant BLANCHARD il y avait encore un mois. Au mess, les sous-officiers ne cessaient de vanter les péripéties de leur ancien commandant de compagnie, avec ou sans leurs concours, blasant davantage les novices. Vient le jour où on parlait de la mort du lieutenant Blanchard survenu sur la route de Fondouk. Cette fois j’apportais une attention particulière pour avoir vécu une aventure similaire. On lisait sur les mines déconfites des deux sergents-chefs  qu’ils revivaient-là un drame quasi personnel. J’intervenais alors pour alimenter le débat en leur décrivant avec force détails et à leur grande stupéfaction, l’intervention qui leur sauva la vie. Mais je n’ai toujours pas su comment fut tué le lieutenant et quel fut le déroulement de l’épisode qui a précédé mon arrivée sur les lieux. Après mon exposé sur ce fragment d’affaire, on n’a jamais plus entendu parlé du lieutenant Blanchard au sein de cette unité; à croire que l’on enterrait une énigme ou que celle-ci ne présentait plus d’intérêt. Cela a été et demeure encore en moi une frustration à ne pas être éclairé davantage.

C’est maintenant à ces deux sous-officiers d’apporter le maillon manquant par le biais de monsieur Christian Brouillet auteur de l’avis de recherche paru dans « La voix du combattant » de mai 2006 page 30 . e.mail : chbrouillet@wanadoo.fr . Sans oublier les témoins du 4° RT qui m’ont relayé dans l’organisation des secours aux blessés et à leur évacuation.
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Christian BROUILLET, est toujours très actif dans la recherche de renseignements sur son ancien commandant de compagnie. Il vient de me communiquer le document suivant :

« Notre camarade, le capitaine SCHEER, nous écrit le 17 mai 1962 en même temps qu’il annonce l’attentat dont notre camarade fut la victime :

…la mort d’un ami, la mort d’un officier comme le lieutenant Blanchard amène de grands mots trop souvent bradés dans d’autres circonstances. Je connaissais notre petit cos depuis six mois seulement, mais quelques jours suffisaient pour s’attacher sans réserve à un garçon aussi ‘chic’ dans le sens le plus riche du terme.
La franchise, la droiture, la générosité, la joie de vivre si communicative, le souci aigu des responsabilités, le sens profond de l’honneur militaire qu’il avait su garder dans les circonstances pénibles où nous sommes placés actuellement, c’était là les plus attachantes des qualités de Blanchard.
Déjà, il avait été grièvement blessé au combat en 1957, après son [école d'] application, il faisait un séjour au Sahara et était enfin affecté en janvier 1961 au 2° Bataillon du 117° RI.
Il était le plus jeune des commandants de Compagnie de notre Bataillon, il était aussi le plus dynamique, voire le meilleur. Il avait pris le commandement de la 7° Compagnie il y a à peine quatre mois, dans des circonstances morales très pénibles : cette Compagnie, il lui avait redonné une âme, il en était incontestablement le chef.
Ses obsèques furent simplement émouvantes : avec son épouse, ses camarades, ses sous-officiers, ses hommes, chrétiens et musulmans, ont pleuré de tout leur cœur. »


Le capitaine SCHEER commandait alors la 6ème Compagnie du 2° Bataillon du 117° RI stationnée à la ferme Barnabé à 4 km de Fondouck. Il était très proche du lieutenant Blanchard.

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Nous recherchons les témoignages d'anciens qui ont servi sous les ordres du lieutenant BLANCHARD alors commandant la 7 ème compagnie du 2° bataillon du 117 ° Régiment d'infanterie en cantonnement à FONDOUK (Algérois) en mai 1962. Ceci afin de répondre à la demande de certains de ses subordonnés qui ignorent à ce jour comment a été tué cet officier prestigieux. ( Répondre à: 


ou par le biais du commentaire de ce site ou du blog ci-joint : 




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L' hypothèse ci-après est à vérifier :

Le sergent André F...de la 6ème Compagnie du II/117e RI stationnée à la ferme BARNABE près de FONDOUK témoigne :

"Sale histoire.
Le 14 mai 1962, nous apprenons la mort du lieutenant Blanchard, le commandant de la 7e Cie du II bataillon du 117 RI basée à FONDOUK suite à la collision de sa voiture avec un camion qui arrivait en face [ derrière].
Les deux passagers du camion étaient des fells chargés d’exterminer les passagers de la 404 Peugeot conduite par Blanchard, lui même escorté par trois sous-officiers (2 sergents-chefs et un sergent FSNA).
L’arrivée in extremis d’un convoi du 4e Régiment de Tirailleurs a sauvé la vie des trois sous-officiers du 117 RI.
Le décès d’un civil prisonnier algérien, chauffeur de taxi à Fondouk, interrogé à la 7e Cie, a [peut être]coûté la vie au lieutenant Blanchard. Un harki de la 7e Cie était porté disparu avec son arme depuis quelques jours. Il avait été vu pour la dernière fois dans le fameux taxi. Arrêté, le chauffeur a essayé de s’enfuir, mais il n’avait pas compté sur la vigilance de ces gardiens. Il dû subir un interrogatoire musclé et il s’est trouvé mal. Le commandant de compagnie [prévenu] a pris l’initiative de le transporter à l’hôpital Maillot à ALGER et il est décédé pendant son transfert.
A partir de ce moment, son frère (cafetier à Fondouk) a pris les choses en main, la vengeance était en marche et le 14 mai l'embuscade fût montée contre la voiture du lieutenant.

Je ne sais pas si cet événement en est la cause, mais peu de temps après nous devions quitter la ferme Barnabé pour nous installer en lieu et place de la 7e Cie.
Le problème avec les harkis et leur famille devenait un sujet important. Non seulement pour les désertions avec armes, mais également pour les harkis mariés qui voulaient rapatrier avec eux leur femme et leurs enfants."



Note du rédacteur 


Le témoignage ci-dessus n'est pas de première main, ni même un témoin oculaire, c'est sa version entendue à la 6e Cie.
 Le lieutenant Blanchard et les sergents-chefs  n'étaient pas présents lors de l'interrogatoire dont la date n'est pas précisée. Le lieutenant prévenu par ses cadres de la mauvaise tournure de la douloureuse affaire, a tenté de faire au mieux afin de sauver la victime. A ce jour aucun témoin ne peut infirmer ou affirmer cette hypothèse. 
Pour avoir fréquenté les deux sous-officiers, rescapés de l'attentat, pendant près de six mois en partageant la chambre de l'un comme de l'autre, jamais le mobile de cet attentat n'a été évoqué, ce qui prouve qu'ils ne savaient rien eux-mêmes. Ce qui n'exclut pas le désir de vengeance....


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Ci-dessous, voici donc un témoignage de toute première main qui met fin aux supputations et à ce blog sur cet événement. 
le Webmaster


Sergent Jean Claude Neu…II/117e RI, 7e Cie.

Au cours du mois de mai 1962, après le « cessez-le-feu », le FLN organisait dans la région de Fondouk un recrutement de nos harkis invités à déserter avec armes et bagages. Puis il les égorgeaient. Nous avions reçu l’ordre d’être très vigilants afin de protéger nos hommes. Nous étions sur le point de quitter Fondouk, pour une affectation dans une ferme, puis vers un rapprochement sur Alger. On abandonnait nos garnisons au fur et à mesure que les effectifs militaires s’amenuisaient par des retours en métropole, cédant la place au nouveau pouvoir en place.

Un de mes hommes, un musulman, avait disparu avec son arme, le lieutenant nous donna l’ordre de le retrouver. Mon caporal harki CHA….tombe sur le recruteur et l’enferme au quartier à Fondouk. Il me rend compte de cet acte et je viens visiter le prisonnier sans autre intention, car nous n’avions pas le pouvoir de l’interroger. A travers une trappe j’observe le prisonnier qui manifeste une violence inouïe en tentant de défoncer la porte qui céda enfin sous ses coups. Cha.. et moi se jetant sur lui pour enrailler sa fuite, avions eu un mal de chien à le maîtriser car c’était une force de la nature. Les échanges de coups devenaient de plus en plus violents. Un moment il ne se débattait plus et donnait l’impression de se calmer. Vu son état livide, nous rendîmes compte au lieutenant qui se chargea de le faire évacuer sur un hôpital à Alger. Malheureusement il décéda lors du transport. Le lieutenant prit sur lui de nous couvrir, si il l’a fait c’est que nous n’avions rien à nous reprocher.

Le lieutenant nous affecta dans une ferme entourée d’orangers.

 Une convocation à la gendarmerie ou à la police de Fondouk invita notre officier à rédiger un rapport sur cet incident regrettable. Se présenter à Fondouk était très dangereux. Il prit sa voiture personnelle pour être plus discret. Deux  sergents-chefs et un sergent musulman prirent place dans l’auto en tant que gardes de corps. Le lieutenant ne voulut pas de ma présence jugeant la situation trop dangereuse pour un appelé. La suite des événements est relatée par le sergent-chef du 4e RT qui sauva les occupants blessés d’une mort certaine.

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FIN